Des policiers supplémentaires ont été dépêchés et un couvre-feu a été imposé après une semaine de troubles « quasi-insurrectionnels ».

Les autorités françaises ont dépêché des renforts de police sur l’île antillaise de la Guadeloupe après une semaine de violentes manifestations liées aux restrictions imposées par le coronavirus.

Les habitants de l’île sont en colère après que Paris a annoncé que les personnels de santé de tous les territoires français devaient être vaccinés contre le Covid. Cette décision a déclenché des manifestations qui ont dégénéré en incendies et pillages de magasins et de pharmacies et en affrontements avec la police.

Selon certaines informations, les émeutiers auraient pénétré dans un dépôt d’armes à Pointe-à-Pitre, la capitale côtière de l’île, et volé des fusils. « Nous ne savons pas jusqu’où cela va encore aller », a déclaré le maire de la ville, Harry Durimel, à la radio FranceInfo.

Les autorités de l’île ont imposé un couvre-feu du crépuscule à l’aube jusqu’à mardi matin. Lundi, la police a déclaré avoir arrêté 38 personnes prises en flagrant délit de pillage et de destruction de magasins, et avoir commencé à démanteler les barricades routières érigées par les manifestants.

Le colonel Jean Pierre, de la gendarmerie de Pointe-à-Pitre, a déclaré que les manifestants avaient tiré sur les forces de sécurité et les pompiers, et a imputé les incidents les plus graves à des « bandes organisées ».

Emmanuel Macron a qualifié la situation en Guadeloupe de « très explosive » et a appelé au calme sur l’île.

Le président français a déclaré que les autorités avaient toute sa solidarité et a exhorté les gens à ne pas tomber dans les « mensonges et la manipulation » de ce qu’il a décrit comme une « très petite minorité ».

« Vous ne pouvez pas utiliser la santé des Français pour mener des batailles politiques », a déclaré M. Macron lors d’une visite à Amiens, dans le nord de la France. « L’ordre public doit être maintenu ».

Il a ajouté : « Il y a une situation qui est très explosive, qui est liée à un contexte très local et à des tensions que nous connaissons et qui sont historiques ainsi qu’à certains intérêts qui cherchent à utiliser ce contexte et cette anxiété. Le gouvernement est mobilisé. »

Le Premier ministre, Jean Castex, tiendra une réunion avec les députés et les autres élus de Guadeloupe lundi à 18 heures. Le ministre de la santé, Olivier Véran, sera également présent.

Le porte-parole du gouvernement français, Gabriel Attal, a qualifié la situation sur l’île d' »intolérable et inacceptable ». Il a déclaré qu’une réponse ferme serait apportée à la « petite minorité » impliquée dans les actes de violence et de vandalisme. « Nous ne pouvons pas accepter que cela se produise sur le territoire national », a déclaré M. Attal.

Olivier Serva, le député de Guadeloupe du parti La République En Marche d’Emmanuel Macron, a déclaré qu’il avait prévenu que la situation sur l’île était « quasi-insurrectionnelle ». Il a déclaré que l’opposition au vaccin et à la réglementation Covid était due à « l’affaiblissement de l’autorité de l’État » sur l’île et un symptôme de l’héritage de « l’esclavage colonial ».

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Maité Hubert M’Toumo, secrétaire général du plus grand syndicat de l’île, l’UGTG, a appelé à de nouvelles manifestations. Il a déclaré qu’elles avaient été déclenchées par l’ordonnance sur les vaccins mais qu’elles étaient symptomatiques d’un malaise plus grand. « Elles expriment la profondeur de la souffrance, de l’inégalité, de la pauvreté et de l’exclusion ressenties par la population, en particulier les jeunes et les personnes âgées », a-t-il déclaré.

Samedi, le syndicat des médecins de l’île a lancé un appel au calme, affirmant que le système de santé était « fragile » et condamnant « les individus qui veulent empêcher les patients d’accéder aux soins ou les soignants d’accéder à leur lieu de travail ».

On craint que la violence ne s’étende. Sur l’île voisine de la Martinique, les dirigeants syndicaux ont appelé à une grève générale lundi.

En septembre, la France a rendu obligatoire le vaccin Covid pour tous les personnels de santé, les aides à domicile, les personnels de transport, les étudiants en médecine, les pompiers et tout le personnel lié à ces services.

Selon les chiffres du gouvernement, un peu moins de 90 % de la population adulte de France – y compris les territoires d’outre-mer – a été entièrement vaccinée. Toutefois, en Guadeloupe, seuls 40,3 % des adultes ont reçu le vaccin. En Martinique, ce chiffre est de 41 %.

Un laissez-passer sanitaire, montrant qu’une personne a été vaccinée ou a récemment été testée négative pour le Covid, est nécessaire dans les restaurants, cinémas, théâtres, musées et autres bâtiments publics en France. Les tests Covid gratuits ont pris fin à la mi-octobre, ce qui a mis la pression sur les Français pour qu’ils se fassent vacciner.

La Guadeloupe a signalé un total de 54 854 cas de Covid et 822 décès attribués au virus.

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