Ján Kubiš n’a pas donné de raison à sa démission, n’ayant pris ses fonctions dans le pays déchiré par la guerre qu’en janvier.

L’envoyé spécial des Nations unies pour la Libye, Ján Kubiš, a démissionné à un mois des élections présidentielles cruciales dans ce pays déchiré par la guerre, sans donner aux membres du Conseil de sécurité une raison claire de son départ soudain.

« M. Kubiš a présenté sa démission au secrétaire général, qui l’a acceptée avec regret », a déclaré aux journalistes le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, ajoutant qu’António Guterres « travaillait à un remplacement approprié ».

Interrogé sur la raison de la démission de M. Kubiš, moins d’un an après le début de son mandat, Dujarric a hésité, disant seulement : « C’est une question que vous devrez lui poser ».

« M. Kubiš a clairement indiqué qu’il ne claquait pas la porte aujourd’hui », a ajouté M. Dujarric, précisant que l’envoyé ferait, comme prévu, un point mensuel sur la situation en Libye mercredi.

Aucune date n’a été fixée pour son départ, a précisé le porte-parole.

Le premier scrutin présidentiel direct jamais organisé en Libye doit avoir lieu le 24 décembre, alors que l’ONU cherche à mettre fin à une décennie de violence dans ce pays riche en pétrole depuis le soulèvement soutenu par l’OTAN qui a renversé et tué l’homme fort Mouammar Kadhafi en 2011.

Les 15 membres du Conseil de sécurité ont été informés de la démission de M. Kubiš plus tôt dans la journée de mardi. L’envoyé adjoint de la Russie auprès des Nations unies, Dmitry Polyanskiy, a déclaré aux journalistes qu’il n’avait aucune indication sur les raisons de son départ et qu’il cherchait à en savoir plus.

Ancien envoyé des Nations unies au Liban, M. Kubiš, âgé de 69 ans, a pris ses fonctions en Libye en janvier.

Le Conseil de sécurité s’est récemment divisé sur la question de savoir s’il fallait reconfigurer la direction de la mission politique de l’organisation mondiale en Libye, plusieurs membres demandant que le poste d’envoyé soit transféré de Genève à Tripoli.

Le renouvellement de la mission politique de l’ONU en Libye, qui aurait dû être une formalité, s’est heurté à un obstacle majeur en septembre sur cette question.

Il s’en est suivi un bras de fer de trois semaines entre Londres, auteur d’une résolution visant à prolonger la mission, et Moscou, qui a menacé à plusieurs reprises d’opposer son veto à cette mesure.

Le 30 septembre, le Conseil de sécurité a finalement accepté une prolongation, mais seulement jusqu’à la fin janvier.

L’Afrique, qui avait intensifié la pression en 2020 pour que l’envoyé soit originaire du continent plutôt que de l’Europe, devrait à nouveau chercher à revendiquer le poste après le départ de Kubiš.

Sa sortie soudaine intervient un jour après la clôture des nominations présidentielles pour les élections très surveillées en Libye.

Selon la commission électorale libyenne, 98 candidats, dont deux femmes, ont déposé leur candidature pour figurer sur le bulletin de vote présidentiel.

Parmi les candidats les plus en vue figurent Saif al-Islam Kadhafi, fils du défunt dictateur, et Khalifa Haftar, chef de l’autoproclamée Armée nationale libyenne, qui contrôle l’est et une partie du sud du pays.

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