Des pièces marquées aux logos des cryptomonnaies Tether, Bitcoin et Ethereum, le 8 mai 2022 à Londres @AFPConcept à la mode qui agite autant la sphère tech que les communicants, le « web3 » est présenté par ses partisans comme la nouvelle version d’internet, davantage décentralisée et fondée sur la « blockchain », la technologie derrière les NFT & les cryptomonnaies. « Il semble que ce soit plus une expression marketing qu’une réalité pour ce moment », a toutefois critiqué fin décembre le patron du constructeur automobile Tesla, Elon Musk, pour souligner le caractère fourre-tout du « web3 », à l’instar d’autres concepts en vogue comme le métavers. Tentative d’explications. Quelle évolution d’internet incarne le « web3 »? Le « web3 » serait le troisième âge de l’histoire d’internet, successeur, selon ses défenseurs, de Web 1. 0, qui a régné du début des années 1990 jusqu’au milieu des années 2000, et du Web 2. 0, hégémonique depuis la décennie 2010. Incarné par des acteurs comme Yahoo! ou AOL, le Web 1. 0 renvoie à tous les premiers usages d’internet avec ses pages statiques permettant de consulter essentiellement de l’information, ou l’envoi de mails. Le Internet 2. 0 marque l’ère de l’internet social et interactif, où les utilisateurs peuvent produire et faire circuler des contenus multimédias. Il consacre un règne d’une poignée de grandes plateformes centralisées comme Google, Amazon, ou Facebook. Concept attribué dans Gavin Wood, co-fondateur de la « blockchain » Ethereum, le « web3 » renvoie à l’idée d’un internet décentralisé, où les utilisateurs contrôleraient leurs propres données, sans l’aide d’intermédiaires. Au chiffre trois (« three » en anglais) s’ajoute ainsi le sens de « free » (« libre »), évoquant le fameux retour d’un internet plus indépendant un ensemble de États comme de nombreuses géants du net, comme ce fut le cas chez l’origine. Quelle technologie permet cette évolution? Le « web3 » est intimement lié à la technologie de la « blockchain », sorte d’immense registre numérique partagé entre une multitude d’utilisateurs, sans autorité centrale et réputé infalsifiable, recensant l’intégralité de l’historique des transactions. Née après la crise financière de 2008, une « blockchain » la plus célèbre est il se trouve que le Bitcoin et sa cryptomonnaie associée, totalement virtuelle. De nombreuses autres ont depuis été lancées tel que Ethereum, Solana ou encore Polygon. Ce sont sur ces « blockchains » que s’appuient projets et applications estampillés « web3 » comme les jetons non fongibles (NFT), des certificats d’authenticité numériques non reproductibles qui tirent leur valeur du l’objet réel ou bien virtuel auquel ils sont attachés. De quoi rendre à l’internaute autant un pouvoir de décision que de propriété sur ce qu’il crée ou consomme sur le réseau. « Avec le domaine ‘web3’, les gens créent de cette valeur mais sur la captent aussi notre partie, ce qui change tout afin de les artistes par exemple. C’est un web qui leur appartient, où ils reprennent le contrôle sur la création et en ce qui concerne ce qu’ils possèdent », explique à l’AFP Nicolas Julia, fondateur de Sorare, la startup française de jeu en ligne d’échanges de vignettes sous la forme de NFT. « C’est ça lequel va permettre relatives au réinventer tout un tas d’industries, sommaire ce soit l’art, la musique et aussi le sport », ajoute-t-il. Le métavers fait-il partie du « web3 »? Bien qu’ils soient liés, notamment par la technologie touchant à la « blockchain » et la possibilité de détenir en leur sein des actifs numériques comme les NFT, « web3 » et métavers décrivent deux concepts différents. Propulsé sur le devant de la scène à l’été 2021, le métavers désigne un univers numérique et social, censé prolonger la réalité physique via un fait avéré augmentée ou virtuelle, mais aussi faire passer on-line de la 2D de 3D. Sa promesse suffit-elle parmi l’amalgamer à notre révolution « web3 », alors que le métavers est porté notamment par Meta (Facebook), l’une des entreprises phares du Net 2. 0 dans ce cas vous ne devez vous demander symbole d’une vision centralisée d’internet? « La réponse sera donnée dans plusieurs décades car, aujourd’hui, une campagne ‘web3’, on ne sait toujours pas ce que c’est », résume auprès de l’AFP Julien Pillot, spécialiste du numérique mais également des industries culturelles. « Soit on est au sein de la vision puriste » d’un internet complètement décentralisé, soit concernant une définition fondée seulement sur « la capacité d’immersion », ajoute-t-il, prédisant « une controverse » inévitable à l’avenir entre les deux visions.